“J’y suis, j’y reste”

By Wednesday, March 12, 2014 0 No tags Permalink

 

Alors que les marchés prédisaient pour 2014 une hausse irrésistible du dollar et une baisse toute aussi irrémédiable du franc suisse, ce début d’année est marqué notamment par une reprise américaine qui tarde à se concrétiser et des tensions géopolitiques qui ravivent l’aversion au risque des marchés. Ainsi, notre monnaie nationale, confortablement installée depuis la fin du mois de février sous la barre des 1.22 contre EUR et des 0.89 contre USD, semble s’accommoder parfaitement  de l’occupation de ce territoire, tout comme les généraux napoléoniens et autres cosaques amateurs de vodka ont montré et montrent aujourd’hui un intérêt prononcé pour la douceur des côtes de Crimée.

 

USD

Le mois de février a vu toute une série de chiffres économiques décevoir les investisseurs : que ce soient les chiffres du chômage, de la production industrielle ou de la confiance des ménages, ils témoignent tous d’une activité économique moins vigoureuse qu’en fin d’année 2013. Or ces chiffres sont précisément les indicateurs que suivent la Fed afin de déterminer le rythme de la réduction des injections de liquidités (le fameux « tapering ») amorcée en décembre dernier, un tapering qui est l’un des principaux catalyseurs d’un dollar plus fort.

La prochaine réunion du FOMC (comité fédéral décidant de la politique monétaire américaine) du 19 mars ne sera à notre sens pas décisif et il faudra attendre encore la prochaine série de chiffres économiques pour déterminer dans quel sens pourra évoluer le dollar. Ainsi nous pensons que contre ses principaux pairs (EUR, CHF, GBP et JPY), l’USD ne devrait pas connaître de variations brutales dans les prochaines semaines.

EUR

Le principal facteur de risque pour l’euro résidait à court terme dans une baisse supplémentaire des taux directeurs de la BCE. Or, les derniers chiffres de l’inflation publiés en février ont été supérieurs aux attentes des analystes, ce qui réduit fortement la probabilité d’une baisse des taux en mars. Un risque écarté, qui conjugué aux chiffres US décevants, ont supporté l’EUR face à l’USD, atteignant la barre des 1.39.

Contre USD, l’EUR devrait donc se stabiliser entre 1.38 et 1.39 durant les prochaines semaines. Néanmoins, compte-tenu de la vision baissière adoptée par la quasi-totalité du marché, toute bonne nouvelle économique outre-Atlantique mettra à risque la monnaie unique, et ce de manière assez violente. Notre vue à 6 mois sur l’EURUSD reste à 1.34.

CHF

Deux mécanismes intrinsèques à notre franc national sont à l’œuvre dans sa force actuelle, l’un externe et l’autre interne. D’une part les marchés ont matérialisé leur aversion au risque engendrée par les crises géopolitiques en achetant massivement du CHF, considéré comme valeur refuge. Et d’autre part les poussées déflationnistes en Suisse auxquelles la BNS ne pourrait répondre sans mettre en place des taux d’intérêt négatifs, ce qui paraît fort peu probable compte-tenu que sa voisine européenne, la BCE, n’abaissera pas ses taux pour les raisons évoquée plus haut.

Ainsi, pris entre deux feux, une faiblesse du dollar et un environnement monétaire soutenant le CHF comparativement à l’EUR, notre devise devrait rester forte. Cependant, une attention toute particulière sera accordée au prochain comité de la BNS qui ne serait-ce que par son discours, nous en dira plus sur l’évolution du CHF à moyen terme.

Voilà pour nous ce fût un honneur de vous avoir comme lecteur et ce sera exceptionnel si vous le restez.

Xavier

Peinture: Napoléon à la bataille d'Austerlitz - François Gérard - 1810 - Musée de Versailles

No Comments Yet.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


*