This is the end

By Tuesday, November 4, 2014 0 No tags Permalink

Ça y est, c’est fini. La récréation est terminée. Fin de partie. Tout le monde au vestiaire. Le monde économique et financier – c’est-à-dire le monde – pleure depuis la semaine dernière la disparition du plus grand plan de relance jamais mis en œuvre :   le quantitative easing.

Pour mémoire, le quantitative easing (ou QE pour les intimes), c’est l’injection massive de liquidités dans l’économie américaine par la FED, entre mars 2009 et le 29 octobre 2014, la semaine dernière donc. A coups de 600 milliards par-ci, 200 milliards par-là, trois tranches successives, à un rythme de 60 milliards par mois au plus haut, la Fed a accumulé plus de 4’500 milliards de dollars d’actifs. Pour donner un ordre de grandeur, c’est sept fois le PIB annuel de la Suisse.

L’impact de cette politique? Des taux d’intérêt qui sont restés pendant 4 ans artificiellement très, très bas. Plus concrètement ? Argent pas cher. Ça veut dire un dollar bas pour faciliter les exportations et des investissements rendus faciles. Donc plus de croissance, moins de chômage, une recette facile quoi. La question que vous devez vous poser alors: avec autant de qualités, pourquoi arrêter ce programme alors que ces effets sont indubitablement positifs? Parce que le risque principal quand les liquidités sont trop abondantes dans une économie, c’est l’inflation, c’est-à-dire une hausse non maîtrisée des prix. C’est d’ailleurs cette même raison qui a poussé et pousse encore les allemands à imposer leur rigueur financière à la BCE et donc à renoncer, jusqu’à aujourd’hui tout du moins, à toute politique accommodante qui ressemblerait de près ou de loin à du quantitative easing.

Toujours est-il que l’arrêt de cette politique et les conséquences sur les marchés financiers mondiaux vont se faire sentir durablement voire durement. La première d’entre elle, et celle qui nous intéresse en tant qu’opérateur sur le marché des changes, sera la hausse du dollar contre tous ses pairs: EUR, on se dirige vers les 1.20, CHF vers 1.00, GBP 1.50, JPY 120.

Le problème de cette décision soudaine, qui a surpris tous les analystes et investisseurs, ce flot de liquidités avait créé une certaine habitude, voire une dépendance, qui ont créé un sentiment de facilité. Oui parce qu’on vous l’a peut-être pas dit, mais ce programme de la Fed a fait le bonheur aussi de la planète finance : les banques, les hedges funds, les fonds de pensions, les marchés actions etc. Même si la communication autour de l’arrêt de ce stimulus avait commencé il y a plus d’un an, il y a toujours une différence entre les effets d’annonce qu’on intègre plus ou moins et faire face au fait accompli. C’est un peu comme une nana qui dit à son mari pendant dix ans « je vais te quitter », la redondance du discours conjuguée à sa relative douceur (après tout, elle l’aime) fait baisser la vigilance du dit mari, mais le jour où elle le quitte vraiment, il est un peu surpris voire dérouté… Aujourd’hui les marchés financiers ont sur la langue cette même astringence d’aspirine qui crispe l’amoureux délaissé au soir de la rupture. Apocalypse now ?

Voilà pour nous ce fût un honneur de vous avoir comme lecteur et ce sera exceptionnel si vous le restiez.

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